Le Parinacota : le cap des 6000 à franchir (ou pas …) !

Tellement ravis de nos premières découvertes en Bolivie sur l’Isla del Sol, nous sommes plus motivés que jamais. Et après quelques jours à La Paz , nous décidons de nous lancer un dernier défi en altitude ….
 
Nous jetons notre dévolu sur le Volcan Parinacota (6342m) dans le parc national de Sajama.

 
Cap ou pas Cap ??? 😀
 
Le récit de cette folle aventure, c’est par ici :

 

La Paz … ou l’endroit où tout a commencé !

 

Capitale de la Bolivie, La Paz méritait au moins d’y faire un saut. Et de toute manière, en quittant Copacabana , vous n’avez pas d’autre choix que d’y passer !
 
Après un trajet en bus et un passage d’embarcadère rustique mais efficace à Tiquina, nous voilà dans la bouillonnante La Paz !
 
La Paz
 
La Paz
 
Ce n’est pas un secret que les lieux qui nous attirent sont plutôt isolés et de nature sauvage . Alors la capitale est pour nous un peu une épreuve. Nous nous étions habitués à l’isolement, aux montagnes , au calme…
Nous voilà plongés dans une atmosphère survoltée et pleine de contradictions … La Paz, perchée à plus de 3600m d’altitude est un bouillon de culture traditionnelle, de développement, de délinquance et de trafic, le tout surveillé du coin de l’oeil par la Cordillère.
 
La Paz
 
La Paz
 
La Paz
 
La Paz
 
Nous n’y passerons que quelques jours : cela nous permettera de nous reposer un peu et de réfléchir un peu à la suite de notre séjour …
La suite de notre séjour : parlons-en tiens ! 😁 Cela nous trottait déjà dans la tête à vrai dire : un vilain petit défi qui nous titillait. Et si on parvenait à franchir les 6000 … Bah oui : on veut aller « toujours plus loin » !!!!
 
Oui mais voilà : les 6000m ce n’est pas rien. Cela peut vite devenir dangereux suivant l’ascension qu’on choisit, suivant le guide, suivant les conditions climatiques et aussi suivant son état face au mal des montagnes. (Qui à cette altitude n’est plus la même chose déjà !)
Il y a effectivement l’ascension plutôt très prisée du Huayana Potosi proche de la Paz. Peut-être « trop prisée » pour nous … Cette ascension est décrite comme plutôt accessible mais la difficulté est minimisée par les agences de la Paz. Si les conditions climatiques n’y sont pas, cela peut devenir très dangereux.
 
Nous avions en revanche très envie d’explorer la région isolée de Sajama : moins visitée et plus « sauvage »… C’est là que le volcan Parinacota nous fera de l’oeil 😉

 

Sajama … ou l’endroit où se lance !

 

Se rendre à Sajama n’est pas chose facile : il n’existe pas de transport direct depuis la Paz. Il faut donc trouver une compagnie qui accepte de vous déposer à Patacamaya pour trouver un autre transport jusque Sajama.
 
Patacamaya
 
Nos sacs à peine déposés chez la mama qui tient l’épicerie, que nous demandons déjà où nous pouvons rencontrer un guide pour obtenir des renseignements. 😀
Nous ferons la connaissance de Mario, un guide local très sympa … et après quelques échanges en espagnol : « Pas de problème, on peut monter le Parinacota demain ! » … Euh … ok ! 😉
 
Le Parinacota c’est ça … (à gauche sur la photo !)
 
Patacamaya
 

On se fixe un rendez-vous le soir pour préparer les détails de l’ascension et vérifier notre équipement : les choses sont lancées !
Mario nous explique donc le déroulement de l’ascension. Nous partons à 1H du matin de chez lui en 4×4 pour nous rendre au pied du Parinacota. Nous commencerons l’ascension de nuit sur 6 à 7h de montée et 1h30 à 2h la descente … Bah oui, on comprend bien que la montée avec l’altitude est ce qu’il y a de plus dur !
 
Pour l’équipement, il nous prêtera des chaussures d’alpinisme beaucoup mieux adaptées et des moufles énormes qu’on doit mettre au dessus de nos gants … on commence à comprendre qu’on s’embarque dans un truc pas trop trop facile ! 😅 Il nous demandera également ce qu’on a comme vêtements pour vérifier si c’est suffisant. Et puis, il est temps de rentrer, la nuit va être très courte : à peine 3h de sommeil avant de tenter cette ascension.

 

Le Parinacota … ou l’endroit où j’ai bien souffert !!!

 

1h du matin, nous arrivons chez Mario. Nous avons très peu dormi … certainement un mélange d’anxiété et d’excitation. 😆 Il fait nuit noire et il fait plutôt très froid.
Le chauffage à fond dans le 4×4 : c’est parti, on se motive … Le plus dur est devant nous !!!!
 
Arrivés en bas du volcan, la lune éclaire les 2 sommets enneigés qui se dressent devant nous (Le Parinacota (6342m) et le Pomerane (6282m)) comme si elle voulait nous montrer ce que l’on s’apprête à escalader.
Nous quittons donc la voiture encerclée de neige pour vivre une expérience terriblement inoubliable …
 
Parinacota
 
Mario adopte un ryhtme plutôt lent : le but est de ne pas se rendre malade à vouloir aller trop vite… et il aura bien raison car l’ascension sera pour moi plus qu’une épreuve : elle sera éprouvante.
A peine les 30 premières minutes d’ascension passées que je commence à me sentir mal … quelques vertiges, la nausée. Bref, la forme ne semble pas être au rendez-vous mais je continue de marcher … occultant certainement dans ma tête (volontairement ?) le fait que nous sommes à une altitude très élevée.
 
La montée en elle-même ne semble pas insurmontable mais l’altitude, le manque d’oxygène et le froid la rendent difficile … les températures avoisinent les -15 degrés: le tout en plein vent et dans le noir !
Première pause : Mario remarque que quelque chose ne va pas … Je lui explique que j’ai juste un peu la nausée et que ca devrait passer. En revanche, j’ai vraiment très froid malgré mon équipement. Jerem aussi a très froid mais il a l’air plutôt en forme : il m’encouragera en me disant que le soleil va se lever et qu’il fera meilleur.
 
Parinacota
 
Alors, on continue l’ascension et c’est la que les choses se compliqueront pour moi … Je me sens de plus en plus mal et l’effort devient difficile à fournir. Je sens que Mario commence à s’inquiéter de mon état. Je l’entends toutes les 10 min : « Valéria, como estas ? » Bah Valéria ne va pas fort !!!! 😂
Eh oui, on ne choisit pas d’avoir ou non le mal d’altitude même après quelques mois passés à plus de 3500m. Le pire, c’est de sentir que les jambes et le souffle suivent … que sans ces foutus vertiges, ces nausées, la fatigue qui m’accable d’un coup et le tout qui m’empêche de me réchauffer par -15 degrés, je pourrais le faire …
 
Et j’ai pas envie d’abandonner … parce que si je dois redescendre, jerem redescend aussi … :-( Je continue donc de lutter le plus possible pour monter encore. Jerem suit mon ryhtme et je sens que c’est dur pour lui aussi mais qu’il est capable de continuer. Et puis il m’encourage et me soutient !
 
Parinacota
 
Parinacota
 
A 5800m, je me sens complétement à bout … Le froid m’a complétement envahi et je ne sens absolument plus mes pieds. Chaque pas est une épreuve et les vertiges les rendent incertains. Mario me redemande si je veux faire demi-tour mais je sens cette fois-ci qu’il est plus insistant.
 
Le problème est que si on redescend maintenant, la descente sera difficile … car la descente facile en 1h30 – 2H se fait sur l’autre versant du volcan et pour cela il faut atteindre le sommet ! Rien que de regarder la descente, j’en ai déjà le vertige … j’aimerais continuer de monter mais il faut aussi de la force pour redescendre !
 
Parinacota
 
Parinacota
 
Parinacota
 
Mario me proposera un compromis : monter encore un peu et il pense trouver une descente moins difficile que celle-ci … Il faut juste trouver la force de continuer à monter. Et bien des fois, à bout de forces, on prend des décisions… mais je ne me rappelle plus comment 😉 J’ai donc dit : Ok on monte encore !
 
Jerem me soutiendra dans chacun de mes pas … jusque 6038m : incroyable nous avons dépassé les 6000m !!!!!!!!!!!!!!
 
Parinacota
 
Parinacota
 
Une petite pause s’impose ! 😀 Le temps d’admirer le Sajama : point culminant de Bolivie à 6542m
 
Parinacota
 
Parinacota
 
Parinacota
 

C’est un peu comme si on était sur les toits du monde …
 
Un endroit privilégié pour admirer cette nature grandiose autour de nous. On se sent évidemment si petit mais tellement ému d’être là … après tant d’efforts.
 
Parinacota
 
Parinacota
 
Parinacota
 
Parinacota
 

Après concertation avec Jerem, on décidera de s’arrêter là. Jerem aussi commence à fatiguer. Quand je dirais à Mario que je pense qu’il est temps de redescendre … Il me répondra qu’effectivement, dans mon état il ne vaut mieux pas aller plus loin. Il nous trouvera une autre descente avec un début difficile mais une fin plus cool.
 
Il ne reste plus qu’à trouver l’énergie pour redescendre en sécurité … et pour ça Mario a son astuce 😉 Inquiet pour moi avec mes vertiges, il m’attachera à lui pour la première partie de la descente afin de prévenir toutes chutes éventuelles : cela aura au moins le mérite de me rassurer !
Jerem nous suivera … fatigué lui aussi mais sans jamais lâcher !!
 
Parinacota
 
Parinacota
 
Les derniers mètres pour rejoindre le 4×4 me sembleront interminables : comme si le 4×4 reculait à mesure que j’avançais ! Si si je vous assure !
 
Parinacota
 
C’est arrivée dans la voiture que je commencerai de nouveau à sentir mes pieds … et je m’endormirai au bout de quelques minutes jusqu’à notre retour au village !
 
La conclusion évidente est que je suis très déçue de ne pas avoir pu aller jusqu’au bout … d’avoir du faire rendescendre jerem aussi. Mais nous sommes fiers d’être arrivés à plus de 6000m et de l’avoir vécu ensemble. On s’est donné à fond et je crois n’avoir jamais autant souffert dans un trek … jusqu’à se dire que le corps ne peut plus suivre.
Mario nous confiera qu’il n’aurait pas accepté de me laisser tenter l’ascension jusqu’au bout car beaucoup trop dangereux dans mon état et que le mal d’altitude peut frapper n’importe qui : « les dures lois de la montagne, » me dira-t-il !
 
Alors pas de regret … mais un souvenir extraordinaire que cette aventure au 6000 !
 
Parinacota
 
Parinacota
 

 

INFORMATIONS PRATIQUES :

 

Bus Copacabana – La Paz :
Vous trouverez sans souci votre transport pour La Paz dans les rues de Copacabana. Généralement, les bus partent à 13h30 et mettent 3h30 pour rejoindre la capitale. 30 bolivianos par personne.
Il faudra également prévoir le passage à l’embarcadère de Tiquina : 2 bolivianos par personne.

 

Transport La Paz – Sajama :
Pour se rendre à Sajama, le plus économique consiste à prendre un bus pour Oruro et de s’arrêter avant à Patacamaya. (Attention, la route ne passe pas directement dans le village. Il faut donc, avant d’acheter vos billets, vérifier que la compagnie accepte de vous arrêter … Toutes les compagnies ne le font pas !) 20 Bolivianos par personne.
Ensuite, à Patacamaya, on peut prendre un collectivo jusque Sajama. Il n’y a qu’un seul collectivo par jour qui part vers 12h30. Il part de la rue principale : demandez aux locaux, ils vous indiqueront l’emplacement où vous pourrez l’attendre. 30 Bolivianos par personne.

 

Ascension du Parinacota : 6342m
Mario est un guide extra et on vous le recommande chaudement. Il connait la montagne mieux que personne et c’est un guide local … Pas d’intermédiaire avec les agences de la Paz qui ont tendance à sous-rémunérer les guides. Vous trouverez Mario Perez dans le village de Sajama derrière l’école. (Il tient également un hostel dans une maison blanche). 1500 bolivianos

 
 

9 commentaires sur “Le Parinacota : le cap des 6000 à franchir (ou pas …) !

  1. Sophiedavid

    Ouais!!!! Bien contente que vous soyez redescendu…!!! Ce périple fut éprouvant pour vous… Et quand on vous lit … L anxiété monte au fil des mots ( bien que je connaissais déjà l’issu de se voyage… A la limite de vos capacités) super récit et superbes photos!
    On attends la suite!!!

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  2. Pingback: Parc national de Sajama: notre après 6000m - Toujours plus loin

  3. silvio

    Bonjour,
    merci pour votre blog qui me donne des idées.
    Petite question, est-ce que Mario aurait une adresse mail par hasard?
    Et combien il vous a demandé?

    Merci d’avance.

    Silvio

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    • Valérie Post author

      Bonjour Silvio,
      Merci à toi.
      Nous n’avons pas l’adresse mail de Mario … et je ne suis pas sûre qu’il en ait une 😉
      Nous avons payé 1500 bolivianos pour nous 2 avec le transport et le prêt des gants, chaussures etc (cela revient à un peu près 90 euros par personne)
      Evidemment, si vous êtes plus nombreux cela revient moins cher. Mais cela valait vraiment le coup. Mario est très compétent et adorable.

      Valérie

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